J’ai repris la course le dimanche. Je m' »entretiens », youhou. Le parcours est sensiblement le même d’une semaine à l’autre, à ceci près que je me rends un peu plus loin à chaque itération. Pour le symbole je suppose. Pas besoin d’applications ou de statistiques : ce simple doigt hebdomadaire suffit.
Selon l’heure à laquelle je pars – sensiblement 8 heures du matin – le spectacle varie. Car voyez-vous, la course, c’est ennuyeux. Encore heureux que le paysage alentours s’agite, sinon on ne verrait pas le bout du voyage. Dimanche matin constituant la suite directe du samedi soir et de ses excès en tout genre, il n’est ainsi pas rare de croiser nombre de plateaux-repas inachevés. Des jusqu’auboutistes, aussi, pour qui « ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini ». Arrivés toutefois à une certaine heure, les idées se mettent elles aussi à tituber. Quelques-uns lâchent d’ultimes saillies, mais la majeure partie d’entre eux sombrent dans un profond mutisme, que l’on ne voudrait pour rien au monde déranger.
Il y a de simples piétons, bien sûr, mais ils ne font que passer. J’ai quelquefois droit à des regards empathiques et polis, mais ils semblent empreints d’un pragmatisme qui chuchotent : « c’est pas en courant que tu contribues à la marche du monde coco ». Ils ont raison : souvent je me demande ce que je fous là, et où peut bien se trouver cette fameuse marche du monde. Quand bien même je la trouverais, même pas sûr de vouloir en faire partie d’ailleurs.
Courir, c’est aussi côtoyer des automobilistes, des arbres et des oiseaux. Ca vrombit, ça bruit, ça pépie… pour ce qui est de l’écoute, on repassera. Dimanche prochain, sans doute.
– Rémi