Fragmentaire

C’est un petit dimanche, niché dans le calendrier. L’heure est jeune encore. La cité balbutie plus lentement qu’à l’accoutumée, de sorte que ce sont des corps et non plus des foules que l’on croise au dehors.

Quelle différence ? pour ce que les gens se regardent.

C’est manifestement le maximum poétique dont je serais capable ce matin, nous allons donc passer à un monologue soucieux.

Alors que le silence se fait enfin dans la semaine, je désespère des mondanités de fin de journée. À croire que l’ermitage me tend les bras. Je n’ai pourtant rien contre ces gens, c’est même plutôt le contraire. Mais qu’ai-je bien à leur raconter ? une conversation s’articule sur d’élégants allers et retours. Selon où tout ceci s’oriente, quelques traits d’humour, voire même une révélation, un pot-aux-roses. Leur vie n’est pas beaucoup plus palpitante, toutefois ils semblent mieux maîtriser, vivre les codes sociaux qui n’ont pourtant guère changé depuis mes jeunes années.

Sans doute ne partagent-ils pas ma honte. Un sentiment écrasant de subjectivité, et qui toutefois me fait tituber depuis – pour le dire poliment – longtemps. Mais honte de quoi au juste ? Ce sont là des conversations (!) à garder avec le thérapeute, le temps qu’elles aboutissent à quelque chose.

En attendant, dans cet espace publié mais oublié, que faire ? Eh bien, plusieurs réponses. Soit je le délaisse et m’acharne à écrire des nouvelles sur un bon vieux .txt, soit j’adopte une philosophie plus sportive – voire théâtrale – et je me fixe quelques exercices d’écriture pour reprendre la main. En tous les cas, je ne pondrai rien de bon tant que le rythme et la discipline n’auront fait leur réapparition.

– Rémi

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