Pretium doloris

Le port altier baisse les yeux sans pour autant hurler au naufrage. Est-ce que le corps se sait condamné ? un souffle insondable émane de la bête. Les humains alentours se désolent, inventent mille empathies pour donner le change : après tout c’est l’âge, oui c’est bien triste, mais que voulez-vous… c’est à se demander quel spectacle est le plus lugubre.

L’animal ne rend pas les regards, fixe le sol. Les pattes accusent un léger tremblement, avant que la carcasse ne revienne à elle. Le chien s’en va finalement s’échouer un peu plus loin, dans une lassitude toute canine. Il emporte avec lui le temps, qui s’affaisse péniblement.

– Rémi

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